samedi 30 avril 2016

Métier à tisser maison

Pour les ateliers de cet été, j'avais prévu de proposer l'arche romane Montessori, en lien avec l'histoire. 
J'ai pensé un temps la fabriquer moi-même grâce aux plans gratuits de chez 1, 2, 3 Montessori, mais j'ai senti rapidement la galère arriver, n'étant pas super à l'aise avec le travail du bois. Et vu que l'investissement en tasseaux était assez important, je n'avais pas envie de me contenter d'à peu près.
En farfouillant bien, j'ai fini par la trouver d'occase sur un site d'achat/vente bien connu (que nous appellerons l'Angle Correct pour rester discrets), mais bon, la super méga gentille attention s'est rapidement transformé en plan galère et anxiogène. Dans la vie, il faut savoir s'adapter, alors face à l'adversité j'ai décidé de proposer à la place un atelier tissage. Et en plus... j'en ai eu pour 0 euros, 0 centimes. Pile dans mon budget quoi :-D

J'ai commencé par chercher des informations diverses et variées sur le tissage. Ce qui est génial, c'est qu'on peut balayer toutes les époques, de la Préhistoire aux Temps Modernes. J'ai regroupé tout ça dans un petit dossier qui sera en libre accès. J'ai bien conscience du caractère un peu "synthétique" de la chose, mais vu que les loupiots vont rester 2 heures, c'est juste impossible qu'ils fassent leurs recherches eux-mêmes... dans le contexte d'une classe, je les aurais laissé se dépatouiller ! Et le but principal, c'est bien qu'ils tissent :-) 
Je ne le mets pas en téléchargement car je ne suis pas 100% sûre des copyright et cie...  mais si ça vous intéresse, voici son contenu dont vous pouvez vous inspirer :
- une page pour chaque période : la Préhistoire, l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes ;
- une page d'informations générales : le principe du tissage et un petit "le saviez-vous" ;
- deux façons de tisser (une simple et une autre plus complexe mais plus proche du "vrai" tissage) ; je me suis beaucoup appuyée sur les blogs Faire fil de tous poils et Mon carnet à idées qui m'ont bien éclairée sur les techniques (ah oui, j'ai oublié de te dire que je n'y connaissais strictement RIEN en tissage, sinon ça serait pas drôle !) ;
- deux chansons de canuts, parce qu'en plus c'est plutôt local.

Pour le côté pratico-pratique, il existe plein de façons de fabriquer un métier à tisser. Je tenais à ce que le mien soit en bois, et voici comment je m'y suis prise.

J'ai trouvé une grande chute de bois dans un magasin de bricolage, en général ils les soldent grave car ça ne sert pas à grand chose. Je fouille régulièrement le rayon et je prends ce qui peut potentiellement me servir plus tard. Dans cette chute, j'ai pu faire deux morceaux aux dimensions sympas (histoire de pouvoir tisser plus qu'une mini-écharpe pour poupée miniature).

J'ai tracé un trait à 3 cm des deux largeurs, puis ai indiqué l'emplacement des futurs clous tous les 1 cm. ATTENTION, LE NOMBRE DE CLOUS DOIT TOUJOURS ETRE PAIR (pour le nouage final). Par exemple, dans mon cas : la planche fait 26,5 cm, j'ai laissé 2,2 cm de bords libres, et donc il me restait 21,1 cm pour planter 22 clous (ouais, ok, y'a un petit millimètre dans le vent, mais arrêtons de chipoter).

Je vous conseille de marquer l'emplacement en appuyant un peu sur le bois, comme ça vous serez pas embêté-e-s à l'étape suivante. Le bébé en plastique au second plan c'est cadeau.



Ensuite, il ne reste plus qu'à gommer le trait ! Et comme vous aurez appuyé comme des bourrin-e-s, vous êtes tranquilles !




Et paf, paf, paf, te voilà parti-e pour un bruyant quart-d'heure. Je t'explique pas comment planter un clou quand même. Mais ne le plante pas trop profond, je t'en dis plus juste après.




A la 3ème rangée (je te rappelle que j'ai fait DEUX métiers à tisser), Mademoiselle Seconde a craqué sa couche et n'a plus voulu décoller de mes bras. J'ai donc cloué la dernière rangée avec une seule main, les gars. Tout ça pour vous dire que ça se passe comme ça dans la vraie vie, et que si on avait voulu être peinards, on n'aurait pas fait d'enfants EPICETOU.



J'ai fini par réussir à terminer. Remarque que mes clous ne sont ni droits, ni enfoncés pareils. T'inquiète, c'est fait exprès, il suffit de fignoler maintenant, en redressant les un peu tordus avec la tête du marteau puis en égalisant les hauteurs. C'est pour ça qu'il ne fallait pas trop enfoncer tout à l'heure ! Le champ de mine en fond, c'est cadeau aussi, mais on peut pas être au four et au moulin.




Voilà, c'est pas parfait, mais c'est quand même mieux.

  


Et voilà, t'as fini, même que t'as même pas mis deux heures. Il te reste plus qu'à te familiariser avec le montage de la trame de chaîne, la trame de fond et tout le toutim (ouais, j'ai appris plein de trucs en prime, je suis trop contente !).


   
Ah si j'oubliais. Tu peux te fabriquer une navette (pour enrouler le fil de trame) et une lame de tisserand (pour séparer tes fils de chaîne). C'est pas pas obligé, tu peux utiliser une aiguille pour la laine à la place de la navette et une règle en fer au lieu de la lame, mais les outils originaux ont leur charme je trouve...
J'ai fabriqué les miens dans une baguette de bois toute simple. J'ai tout découpé à la scie sauteuse, position B (comme Bas trop vite).
Pour la navette : j'ai fait une encoche à quelques millimètres du bord droit et gauche, puis j'ai cassé la partie du milieu. Un petit coup de ponçage et c'est tout !
Pour la lame : un morceau de tasseau plus long que ma planche (30 cm), une découpe en flèche au bout, ponçage et c'est fini.



J'en ai fabriqué deux car j'en utiliserai une lors de notre spectacle. L'idée m'est venue en faisant celle pour les enfants !!! Quand je serais familiarisée avec l'engin, je vous posterai mon oeuvre !

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