samedi 11 mars 2017

Présentation maths

Comme promis sur facebook, je vous mets en téléchargement libre la présentation que j'ai faite mardi dernier autour de l'organisation d'ateliers dans les classes, ainsi que des exemples de matériel Montessori pouvant être utilisé. Et enfin, des références très utiles pour éviter de farfouiller et tomber sur des documents bof-bof... 

Je vous le dis tout de suite, ce document n'a pas la prétention d'être parfait (par contre j'espère que j'ai bien enlevé toutes les fautes car le jour J quelques unes étaient encore présentes, la honte intersidérale), il ne remplace EN RIEN une bonne formation, ce ne sont que de modestes propositions qui visent plutôt un public enseignant non averti, histoire de susciter la curiosité ;)

Après toutes ces précisions, si ça vous intéresse toujours, c'est par ici que ça se passe ! Merci de respecter les bases élémentaires de la propriété intellectuelle en ne vous appropriant pas ce document, et à renvoyer un lien par ici plutôt que de le diffuser directement sur votre propre blog !

samedi 4 mars 2017

Les présentations du système décimal

Voici un article assez complet pour fabriquer les différents supports du système décimal. Un cachet contre le mal de crâne peut être nécessaire en fin de lecture ! Il ne reste que la banque des quantités, mais j'avoue ne pas avoir eu le courage de m'y atteler. J'ajouterai le lien quand ça sera le cas !

ATTENTION, je me sers du matériel Lubienska gagné lors d'un concours. Cela me semble une meilleure continuité vu que j'utilise les réglettes Cuisenaire et non les perles. Il vient de chez Coccinelle Boutique et j'en suis très contente ! Mes fabrications sont tout à fait adaptables si vous utilisez les perles dorées, mais soyez vigilants sur la taille. Le cube Lubienska a une arête de 10 cm, alors que pour le Montessori c'est 8 cm. Il faudra donc diminuer les dimensions, sinon cela risque de flotter un peu.


Premier plateau du système décimal


Pour le socle
Medium 3 mm de 33,5 x 14 cm

Pour le tour
Tasseau de 9 mm x 27 mm

Pour les séparations
Tasseau de 5mm x 20 mm.
Découper 3 morceaux de 12 cm de long. Poncer un peu si cela ne rentre pas tout à fait dans le plateau.
Assembler le tout à la colle à bois.

Mes 2 grandes "cases" mesurent 12 cm et les 2 petites 3 cm.


Pour associer nombre et quantité


Pour fabriquer les nombres
Pour le 1 : 4,5 x 6,5 cm
Pour le 10 : 9 x 6,5 cm
Pour le 100 : 13,5 x 6,5 cm
Pour le 1 000 : 18 x 6,5 cm

Découper des nombres au cutter pour s'en servir comme pochoir (comme ici). Sur l'image les cartes étaient plastifiées et viennent de Montessori and co (document payant mais très abordable), ce qui est une autre solution plus rapide.

Pour le plateau de présentation
Pour le socle : medium 3 mm de 9 x 21cm
Pour le contour : tasseau de 9 mm x 27 mm
Découper les tasseaux à la scie à onglets (ou pas !) et coller avec de la colle à bois.



Plateau de change
(il porte des noms différents mais ça me semble plus logique de garder cette appellation dans la mesure où on apprend justement à échanger des unités contre des dizaines, etc)



Pour le plateau
- en medium 3 mm : 19x57 cm
- en medium 10 mm : 4x57 cm (2 morceaux), 4x14 cm (2 morceaux)

Pour les 2 grandes boîtes
- en medium 3 mm : 16x16 cm
- en medium 10 mm : 7x16 cm (4 morceaux), 7x14 cm (4 morceaux)

Pour la boîte moyenne
- en medium 3 mm : 16x16 cm
- en medium 10 mm : 4x16 cm (2 morceaux), 4x14 cm (2 morceaux)

Pour la petite boîte
- en medium 3 mm : 4x16 cm
- pour les côtés : tasseau de 9 mm x 9 mm

Assembler tout ça est assez facile : on colle les morceaux de 10 mm sur le socle de 3 mm. Par contre pensez à clouter le plateau (socle et côtés), parce que ce qu'il supporte est assez lourd ; il mérite donc d'être renforcé.



Pour fabriquer les grands symboles


Je vous renvoie à cet article !

Bientôt, un article sur le tapis de calcul pour utiliser tout ce chouette matériel...
La semaine prochaine, va y avoir du lourd, restez dans le coin !

samedi 25 février 2017

Activités de tri

Melle Seconde (2 ans et demi et toutes ses dents) est en pleine période sensible de l'ordre. C'est une étape très importante où l'enfant, en organisant son cadre de vie, organise également sa vie intérieure. 
Elle se passionne aussi pour les couleurs (l'une des phrases qu'on entend le plus en ce moment est : "et c'est quelle couleur, le mur / le livre / la voiture... ?"). Souvent, je lui renvoie la question par un "et toi, qu'est-ce que tu en penses ?" et le plus souvent, elle a juste...
Petit aparté : je trouve ce concept de période sensible vraiment génial, et dès qu'on observe un peu les enfants il est assez facile de savoir où ils en sont.

Bref, c'était le moment parfait pour lui proposer de petites activités de tri ! Ou pour être plus exacte, re-proposer, car j'avais essayé quand elle était un peu plus jeune et ça avait été le carnage. Preuve que quand c'est pas l'heure, c'est pas l'heure...

Voici l'ordre dans lequel j'ai procédé. Nous avons commencé par les couleurs ; j'ai pris soin de choisir trois couleurs qu'elle distingue bien. Je lui ai montré le tri, grâce à mon superbe plateau dont je vous avais parlé ici.


 


Elle trépignait d'impatience, donc tu penses bien qu'elle s'est jetée sur l'occasion quand j'ai prononcé les mots magiques : "veux-tu continuer ?" (et pour la blague, elle m'a quand même demandé où était la pince, lolilol).




Elle était très fière du résultat qui lui semblait harmonieux. C'est là qu'on a fait un peu de langage : "peux-tu me dire comment s'appelle cette couleur ?". Et bien sûr, ça a été fingers in the nose.



"Et maintenant, on range ?" qu'elle m'a dit.



Pour continuer sur cette lancée, d'ici quelques temps, j'envisage de lui présenter les boîtes des couleurs 1 et 2.


Puis vous pensez bien qu'elle n'a pas voulu s'arrêter là. On a donc attaqué une étape supérieure : le tri par formes. C'est à mon sens un petit peu plus complexe. Une fois que ce genre de tris sont maîtrisés, on peut mettre deux difficultés (forme ET couleur).
Puis quand l'enfant devient super balèze, on peut lui proposer de trier avec un objet, selon ce qu'il maîtrise : cuillère, pince à cornichons, pince à thé...
Mes plateaux ne sont pas super adaptés à la saison mais bon, on a fait avec les moyens du bord, on sera plus au taquet au printemps, promis.



Alors là, je vous le dis, ce plateau a été coton pour elle. Je me suis mordue les doigts pour ne pas intervenir... puis elle a réalisé qu'il y avait deux étoiles pas ensemble, et elle a refait son tri. En bonne mère indigne, j'ai oublié de prendre une photo du résultat final (mais personne ne doutera que ma fille est un génie).

 
Enfin, dernière étape des plateaux de tri avec une seule difficulté, on attaque les différences de taille. J'avais vu cette idée sur la page FB d'une formatrice Apprendre Montessori, je crois que c'était Géraldine, en tout cas j'ai trouvé l'idée géniale (et super pas chère). Ma fille a vite compris que les grelots n'avaient pas le même son selon leur taille, et cette coquine les a secoués lors qu'elle avait un doute !
 



Voilà où on en est avec la deuxième chair de ma chair (à vrai dire, je prépare mes articles quelques temps à l'avance, donc maintenant elle est à fond dans le visser / devisser, ouvrir des boîtes etc) !
La semaine prochaine, je vous montrerais comment TOUT fabriquer pour présenter le système décimal, étape par étape !

samedi 18 février 2017

Fabriquer une presse à fleurs + activités

Chose promise, chose due !
En réorganisant mes placards en vue de notre déménagement prochain, je suis retombée sur cette petite merveille. Je me suis également rendu compte que j'avais oublié de vous en parler ! Je répare donc cette erreur.
C'est quelque chose de très facile à fabriquer et de peu onéreux. Idéal, donc...
Il s'agit d'une presse à fleurs (ou à feuilles, ou à n'importe quoi de plutôt fin qu'on souhaite faire sécher). Elle permet de faire des tas d'activités géniales en lien avec la nature.

 
La mienne, enfin plutôt celle que M.E. m'a donnée.


Il vous faudra :
- deux planches de bois assez épaisses (1,5 à 2 cm) car elles doivent être lourdes. Adaptez les dimensions à vos besoins. A titre indicatif, la mienne fait 31 x 44 cm, mais elle est très grande...
- 4 vis / tiges filetées et leurs écrous (un peu costauds, va falloir serrer...) (et puis tant qu'à faire, des vis à oreilles, ça aide les petites mains !)
- une perceuse avec une mèche adaptée au diamètre des vis.


 Voici le système de fermeture de ma presse. Je vous conseille de prendre des tiges filetées, comme ça vous pouvez serrer aussi fort que vous voulez.


Après, ce n'est pas sorcier : vous percez 4 trous (un à chaque angle), et ceci sur les 2 planches, et vous glissez votre tige à l'intérieur. Pour faire sécher les feuilles / fleurs, du carton pas trop ondulé fait très bien l'affaire ! Je vous conseille "pas trop ondulé" car sinon cela risque de marquer la feuille / fleur. Pensez à superposer les couches pour augmenter la surface de séchage.


On glisse ses trouvailles de saison et hop on serre à fond. Là j'ai mon genou qui appuie sur la planche, c'est pour ça qu'elle ne touche pas parfaitement l'écrou.


Pour éviter les moisissures et autres réjouissances, je vous conseille de vérifier tous les 2/3 jours l'état de votre séchage. Si le carton est humide, ne pas hésiter à le remplacer. Une fois que la feuille / fleur est bien sèche (le temps est aléatoire, à vous de juger...), vous pouvez la plastifier pour en profiter très longtemps.


Nous avions fait cette activité à l'automne avec mes enfants, on avait cherché le plus possible de formes différentes. Remarquez aussi la richesse chromatique de ces feuilles... dont les 9/10ème ont été trouvées dans notre jardin !


Quelques temps plus tard, j'ai proposé à mon fils (5 ans et demi) un tri de feuilles grâce au super document issu du blog Crapouillage. Je trouve que c'est une belle alternative au cabinet de botanique !



Pour ce qui est des fleurs, j'adore l'activité proposée sur le blog Merci qui ? MERCI MONTESSORI !. Les premières fleurs faisant leur apparition dans le jardin et cela suscitant la fascination de ma fille (2 ans et demi), on sera pile dans le thème...

La semaine prochaine, je vous parle d'une période sensible que traverse ma puce en ce moment !

samedi 11 février 2017

Montessori... mais pas trop !

Par le biais de cet article je ne vais peut être pas me faire des amis, mais cela fait trop longtemps que je l'ai sur le bout du clavier...
 
C'est indéniable, Montessori a le vent en poupe. On en parle beaucoup (parfois, à tort et à travers, en véhiculant des clichés erronés...), on se questionne tout autant.
Même si je suis très heureuse que cette pédagogie se démocratise, je regrette malgré tout les excès et erreurs que cela engendre, parfois.
 
Dans l'offre commerciale autour de Montessori (formations, ateliers...), c'est un peu comme chez les psychothérapeutes : il y a à boire et à manger, dans la mesure où n'importe quel quidam peut s'étiqueter "Montessori", "esprit Montessori", d' "inspiration Montessori", sans que l'on sache vraiment ce qui se cache derrière ces appellations. Et c'est là que le bât blesse, certaines personnes - et parfois avec la meilleure volonté du monde hein, je ne pense pas qu'il y ait des truands à chaque coin de rue - dénaturent totalement cette belle philosophie de vie. Heureusement aussi que dans le lot il y a des gens qui font un super travail en toute connaissance de cause !

A mon humble avis, pour être sûr-e d'être à peu près dans les clous, il faudrait A MINIMA 
- avoir de solides connaissances théoriques sur l'état d'esprit Montessori en ayant lu des ouvrages de Maria (et ne pas se contenter de ce que la tante du cousin de l'oncle a dit une fois) ;
- s'être pas mal remis en question sur sa posture d'éducateur / de parent (pourquoi je choisis cette voie ? En quoi est-ce que cela me correspond ? Est-ce que ça colle avec ma vision du monde, de l'éducation ?) ;
- être au clair avec ce qu'on propose, pourquoi on le propose, à quel moment on le propose, comment on le propose (et s'être entraîné à le faire) ;
- avoir du joli matériel à manipuler (attention, je n'ai pas dit de laisser l'équivalent du PIB français en achat de matériel, ça serait un peu le comble, mais être vigilant dans ses fabrications pour ne pas tomber dans le cheap) ;
- être capable de se remettre tout le temps en question.

Après, je trouve que s'approprier les principes de base et les faire siens est un gros plus. On peut imaginer un matériel pas estampillé Montessori à la base mais qui sera tellement bien pensé, tellement dans la lignée de Maria, que ça sera une vraie réussite. Par exemple, ma collègue et copine Nathalie fait des choses géniales pour ses élèves ; Géraldine propose également des documents d'une grande qualité, sans oublier bien sûr le merveilleux blog d'Anaïs (et il y a plein d'autres PE ou éducateurs qui font un boulot formidable) !

Je suis également lasse des boutiques surfant sur la vague et proposant un matériel soit-disant Montessori alors qu'ils sont complètement à côté de la plaque et mènent à des aberrations. Voici un exemple : 
Les HORRIBLES BARRES.


En connaissant un minimum Montessori, on voit bien que type de matériel ne respecte pas les bases (pour creuser un peu la question, je vous invite à lire cet article).

Après, on peut ressentir ses limites et avoir besoin d'une formation (et il n'y a pas de honte à ça, ça arrive à des gens très bien !). Pour bien la choisir :
- Prendre le temps d'étudier l'offre, ne pas se jeter sur le premier truc trouvé près de chez soi. Partir loin, si c'est pour avoir la formation de ses rêves, est un sacrifice (matériel, financier) qui vaut le coup. Je l'ai fait donc je sais de quoi je parle !
- Ne pas hésiter à se renseigner sur les formateurs-trices, c'est important d'avoir en face de soi quelqu'un avec qui on a une même vision des choses ;
-  Fuir les formations à distance. C'est un tel non sens pour moi... vu tout le matériel existant, comment se l'approprier sans le voir, sans le manipuler ? Comment avoir des réponses à ses questions "à chaud" ? Comment ne pas voir pour de vrai une classe ? Et aussi, l'aspect humain est important, je suis heureuse d'être restée en contact avec certaines personnes parties en formation avec moi !

Sinon, pour les présentations et exploitations de matériel, j'aurais deux références vraiment sérieuses à proposer : les livres de l'Ecole Vivante et les petits Montessori de Sylvie d'Esclaibes (qui existent en français et en maths pour les 3/6 ans... à suivre, la collection va s'étoffer !). 

Bref, pour résumer le fond de ma pensée : essayez d'adopter un regard critique face à des blogs / documents / livres / matériels dits "Montessori". Regardez si les critères de base (auto-correction, autonomie, esthétique, présence d'une seule difficulté) sont bien respectés. Attention aux diverses offres (formations, ateliers) : choisissez quelqu'un avec qui vous et/ou votre enfant accrochez, qui sait où il va et qui propose des choses de qualité.

On se retrouve la semaine prochaine pour fabriquer un super outil nature, utilisable en toutes saisons !

lundi 6 février 2017

Apprendre à tresser

Salut par ici !

Je m'excuse de ma non-régularité sur ce blog (je m'étais fixée l'objectif d'un article par week-end) mais j'ai eu pas mal de contrariétés de toutes sortes ces derniers temps, et pas trop la tête à bricoler je l'avoue... ce ne sont pourtant pas les contenus qui manquent !!! Puis, en triant mes affaires (c'est une manie chez moi), j'ai retrouvé quelques petits trucs qui m'ont donné envie de m'y remettre.
On commence très soft avec un bricolage très facile et très bon marché. Même avec 2 mains gauches dans des moufles, vous pouvez y arriver !

C'est une activité toute simple qui permet de travailler concrètement la motricité fine et les compétences exécutives (mener un bien à projet, gérer sa frustration...). Elle peut être une première étape vers le tissage (je rajouterais une étape intermédiaire dont je vous parlerai prochainement...).
Pour cela, vous avez besoin d'une petite planche style planche à pain (j'ai trouvé la mienne en magasin de loisirs créatifs pour 1,20 euro...) et de rubans ou fils de coton.


Jusque là, tout va bien.


Si vous utilisez 3 rubans (je ne vous conseille pas le satin qui a tendance à glisser et rend donc la tâche plus difficile), il va peut être falloir agrandir un peu le trou, soit avec mes moyens du bord, soit avec une mèche très fine histoire de ne pas éclater le bois. J'ai opté pour des brins de coton (deux brins de chaque couleur, légèrement entortillés).



Vous égalisez les longueurs et faites un petit nœud solide derrière pour que les brins de coton ne passent pas par le trou.


Comme j'aime beaucoup travailler par terre (et je permets aux élèves que j'ai en classe de le faire), j'ai bloqué la planche avec mon pied pour que le tressage soit plus facile et les fils bien tendus.



Elle est pas merveilleuse ma tresse ? Elle peut devenir un bracelet à offrir ou se greffer sur une barrette, par exemple.
J'aurais envie de proposer, dans le cadre d'une classe, des brins de différents camaïeux de couleurs afin de laisser le choix aux enfants. Il faudrait cependant réfléchir à une façon simple d'installer les brins. J'avais imaginé les attacher à une petite aiguille à laine pour les faire passer facilement dans le trou...



Pour le côté auto-correctif, le visuel suffit (la tresse n'est pas régulière / harmonieuse...). Cependant pour aider l'enfant après avoir fait une présentation, je ne serais pas contre laisser un petit pas-à-pas de de ce style.


Et parce que souvent on me demande "mais que fais-tu de tes enfants pendant que tu fabriques du matériel ?"... ben ça arrive souvent qu'ils participent. Tout ce qui n'implique pas de peinture ou d'objet vraiment dangereux style scie ou perceuse (où j'ai besoin d'être très concentrée et où un moment d'inattention pourrait avoir des conséquences dramatiques), ils m'accompagnent. Dès que Mademoiselle Seconde a marché (c'est-à-dire très tôt), ça a été carrément plus facile. En plus c'est une enfant très autonome ; à partir du moment que tu lui expliques ce que tu fais et que tu es pas loin d'elle, elle est contente. Là par exemple pendant que je fabriquais le support à tresser, elle a sortis tous les brins de coton de leur contenant, les a triés ("Regarde maman j'ai fait un dessin !") puis les a rangés. Et ça, deux fois. En ce moment elle est à fond sur les couleurs et le tri / rangement, on en reparlera très vite.

L'oeuvre d'art de l'enfant seconde.


C'est pas merveilleux sensoriellement parlant ?!

mardi 31 janvier 2017

Les choix


Depuis que je suis sur mon nouveau poste (voir ici), je me sens à ma place. Je me sens bien dans mon école, bien avec les enfants, bien avec mes collègues, bien avec mes convictions. Je ne vais JAMAIS au travail la boule au ventre (et pourtant, Dieu seul sait combien je ne suis pas matinale). Je m'éclate, oserais-je dire. Après 7 ans de postes un peu moisis et une énorme remise en question, ça fait quand même du bien.

J'ai de super relations avec ma hiérarchie (j'en avais déjà parlé ici). Mon inspectrice et son équipe disent oui à mes envies de formation, oui à nos projets, oui à nos observations croisées, oui pour partager mes connaissances... je sais que ce n'est pas partout pareil alors benoîtement, j'en profite. 

J'ai une autre chance incroyable, c'est celle d'avoir des collègues hyper enthousiastes qui accueillent toujours mes propositions avec joie. Je le dis bien souvent, j'ai demandé mon poste un peu bizarre sur cette école en particulier "à cause" de l'équipe.On a introduit doucement du matériel dans les classes, en fonction des besoins des élèves, la magie opère petit à petit, et surtout, SURTOUT, les élèves progressent et son heureux. Tout à l'heure j'étais en CE1, j'avais un groupe en calcul mental et grâce à la manipulation du matériel Montessori, un élève m'a dit "ah, mais en fait c'est trop facile !!!". Ces moments n'ont pas de prix pour moi.

Alors que je ne l'envisageais pas du tout, il a été proposé de passer mon poste à plein temps (je suis actuellement à 75%). Pour faire du lien avec l'école maternelle voisine, pour monter des projets avec elle, et même, soyons dingues, proposer des ateliers Montessori au sein des classes. Cette proposition a été validée par mon DASEN (grand grand chef pour les hors EN).

Je me suis posé pas mal de questions. J'ai pesé le pour et le contre. Et voici, sans regret, mon choix : j'ai choisi de garder mon poste et, dans un premier temps, de ne plus proposer d'ateliers Montessori "hors système".
Parce que la charge de travail serait monumentale et que mes propres enfants en pâtiraient, ce qui est inenvisageable.
Parce que j'ai l'impression d'être parfaitement utile où je suis, je suis comblée, et pour une fois je n'ai besoin de rien de plus.
Parce que apporter des évolutions au coeur même du système, aussi modestes soient-elles, c'est très chouette.
Parce que mon cher et tendre a un magnifique projet qui est en train d'éclore et que ça aussi, ça prend du temps....
Parce qu'on ne peut pas être au four et au moulin !

Montessori ayant le vent en poupe, je sais que de nombreuses structures ne tarderont pas à voir le jour. Mais ça, on en reparle très, très vite ;) (edit : c'est par ici que ça se passe !)